Savoir d’où on vient vraiment, c’est une grande question. Du côté de la famille paternelle je ne cherche pas vraiment, personne ne sait qui était mon grand-père, pas même mon père. Une tante m’a un jour appris qu’il était allemand. Voilà d’où vient ma blondeur et mes yeux bleus azur. Je ne saurai rien de plus à ce niveau.
Côté maternel, c’est plutôt de mon arrière grand-mère que vient le mystère. Bronislava, mémère Broni pour les intimes, a fuit la Pologne pendant la guerre. Cette femme, d’une extrême douceur se mettait dans une colère noire lorsqu’on lui posait des questions sur les raisons de ce départ soudain, sur sa famille ou sur tout autre fait qui aurait précédé son arrivée en France.
Il semblerait qu’elle avait une sœur, Saloméa. Avec un tel nom, nous avons quelques soupçons, elle était peut être juive, ce qui aurait expliqué beaucoup de choses. Mais elle n’en parlait pas, elle avait même fait baptiser tous ses enfants et leur a fait faire leur communion. Le problème est que les informations vont être difficilement trouvables : son acte de naissance n’est pas bon, on en sait pas d’où elle venait, où elle venait, on ne connait pas la date de son arrivée en France, je ne sais même pas si on connait le nom exact de ses parents. Ma mère se demande si elle n’a pas vécu dans le ghetto de Varsovie… c’est la cata, beaucoup de documents y ont été détruits ce qui me compliquerait la tâche si ça s’avérait juste.
Pourtant je me lance dans cette recherche qui risque de ne pas être de tout repos. C’est important pour moi, ce l’est encore plus pour ma mère… Je ne sais même pas par où commencer, où chercher, tout ça me semble bien compliqué mais je veux le faire malgré tout.
C’est très frustrant de ne pas savoir d’où on vient vraiment, qui étaient nos ancêtres, notre véritable famille, même un peu éloignée. Contrairement à certains, je ne pense pas que ce soit vivre dans le passé que de vouloir savoir d’où on vient. Bien sûr j’ai la chance de connaitre mes origines directes, père, mère, grands-mères, ça se complique déjà au niveau des grands-pères mais je m’en contrefous. Le reste est important pour bon nombre d’entre nous et j’en fais partie.










