Mon quotidien est quelque peu perturbé en ce moment : CV, lettres de motivations, heures sup’ à intermarché. Eh oui, je travaille plus pour gagner plus !
Ca fait déjà plusieurs mois que je suis hôtesse de caisse dans ce supermarché. “Hôtesse de caisse” c’est un joli mot pour dire caissière en fait, ou plus spécifiquement ici, bonne à tout faire. Les contrats étudiants du dimanche matin, Popolatortue a aussi connu ça et je constate que je suis beaucoup moins aimable qu’elle ! Je deviens même cassante avec les clients à qui je réponds maintenant du tac au tac, sans chercher à ponctuer mes propos d’une once de diplomatie.
La première fois que je me suis fait traiter de “connasse” par une cliente, simplement parce que je faisais mon boulot, je suis restée assise sur ma chaise avec des yeux ronds comme des queues de pelles, ce fut la seule fois. Une cliente râle parce que je lui demande de me présenter une pièce d’identité pour déduire les points de sa carte de fidélité, je n’y peux rien, c’est la procédure. Elle lâche un discret “oh mais qu’est ce qu’elle est chiante celle là !”. Deux réactions possibles à cette situation : se taire ou la remettre cordialement à sa place. Ca me démange trop, je ne peux pas m’empêcher de retorquer : “c’est à moi que vous parliez ? Parce que si c’était le cas je crois utile de vous rappeler que nous n’avons pas élevé les cochons ensemble madame. Moi je fais mon boulot, mais je ne le fais pas pour qu’on me manque de respect, ce que je ne me suis pas permis de faire à votre égard. Maintenant c’est vous qui voyez, sois vous me donner votre carte d’identité, sois je fais ma caissière chiante et je ne vous déduis pas vos points fidelité.”
Globalement ça fonctionne bien, les clients repartent souvent la tête basse, comme un gamin honteux qu’on vient de gronder.
Il y a aussi la question de la vitesse : “oh, mais qu’est ce qu’elle est lente celle-là”… “ben écoutez madame, si vous voulez que ça aille plus vite, je peux vous faire une omelette avec le plateau d’oeufs, moi ça ne me dérange pas.”
Mais le plus récurent jusque là étaient quand même les clients mécontents de devoir présenter une carte d’identité pour tout chèque de plus de 45€. On note le nom, la date et le lieu de naissance, le numéro de la carte. Un mec me lance aujourd’hui “vous notez tout là, vous voulez ma date de naissance et mon adresse aussi ?”… “oh non, c’est bon monsieur, la date de naissance est déjà notée, en revanche en sortant on vous demandera aussi un échantillon d’urine, au cas où”. Silence… il ne semble pas partager mon humour !
Je disais jusque là parce que maintenant les remarques tournent énormément autour de la hausse des prix. J’en parlais dans un commentaire chez Maxime les caddies s’appauvrissent. Le système D est de plus en plus fréquent. Je n’ai jamais eu à passer autant de bons de réductions que ces derniers jours. Les pâtes se font rares dans les caddies ou alors par lot promotionnel. Les patates coutent moins cher, les gens décident donc d’en manger à toutes les sauces. Il y a aussi ceux qui font leurs courses en fonction du catalogue promotion de la semaine, non pas par choix, mais par nécessité : “cette semaine les offres sont bonnes sur le porc, les prix plus abordables, alors on en profite, on fait le plein, on le mettra au congélo” (combien de fois ai-je entendu cette phrase !).
Les marques “discount” explosent, ça permet de limiter les dégâts mais pourtant les gens bannissant le superflu de leur liste de course se multiplient.
Tout ça me fait mal au ventre, ça m’inquiète aussi et me fait enrager quand je lis l’édito du 16 février 2007 sur le site Internet de l’autre Nabot de notre cher et tendre Président qui “veut être le Président du pouvoir d’achat”… et la marmotte elle met l’chocolat dans l’papier d’alu ?! (enfin, pas trop quand même, vu le prix du chocolat !)










